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« Avec ce que je sais aujourd’hui, j’aurais attaché autrement mes enfants dans la voiture. »

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Cette maman des Maritimes veut que vous appreniez de la tragédie qu’elle a vécue.

« Avec ce que je sais aujourd’hui, j’aurais attaché autrement mes enfants dans la voiture. »

 

Avertissement : perte d’enfants

 

De gauche à droite : Owen, Elizabeth et Oliver, avec les photos de Hailie et de Trent. Eran Pelletier au cimetière

 

Eran Pelletier est une maman originaire du Nouveau-Brunswick dont la vie a été transformée par la pire sorte de chagrin. Cela a fait six ans, en mars 2019, que deux de ses enfants et un autre membre de la famille sont morts dans une collision automobile causée par un chauffard (reconnu coupable plus tard). Depuis ce jour terrible, Eran s’est efforcée de trouver un sens à sa vie et un but pour aller de l’avant tout en se débattant avec le stress post-traumatique, l’insomnie et la maladie mentale. Malgré la douleur insupportable causée par la perte vécue, Eran a trouvé de l’espoir dans sa quête pour sensibiliser la population à demander de meilleurs lois et règlements pour les sièges d’auto et les sièges d’appoint au Canada. Bien que ses enfants aient été attachés correctement selon les exigences minimales prévues par la loi à l’époque, ils n’étaient pas adéquatement protégés. Dans l’espoir que d’autres personnes apprennent de la tragédie vécue par sa famille, Eran a communiqué avec Child Safety Link et elle nous a demandé de partager son histoire. Voici la conversation que nous avons eue avec elle.

 

 

Nous savons que ce jour-là a changé le cours de votre vie à jamais. Pouvez-vous nous raconter ce qui est arrivé?

 

Eran : Le 20 mars 2013 a commencé comme beaucoup d’autres journées d’hiver à Slave Lake, en Alberta. Le ciel était couvert et, de temps en temps, il neigeait un peu. J’avais prévu me rendre à Edmonton, à deux heures de route, avec ma belle-sœur Chritine et mon fils de 17 mois, Trent, pour quelques rendez-vous. Mes plans pour que Hailie, 4 ans, et Owen, 3 ans, aillent à la garderie étaient tombés à l’eau. Les enfants espéraient que nous pourrions aller au West Edmonton Mall après mes rendez-vous. Alors, nous avons installé et bouclé les enfants dans leurs sièges d’auto et nous avons pris la route. Hailie était assise dans un siège d’appoint sans dossier derrière Christine, qui conduisait. Trent était assis au milieu dans un siège orienté vers l’avant avec un harnais à cinq points d’ancrage et Owen était assis derrière le siège du passager, lui aussi sur un siège d’appoint sans dossier.

 

Nous roulions plus lentement qu’à l’habitude parce qu’il y avait une légère couche de neige sur la route. Il y avait beaucoup de circulation. Nous nous sommes arrêtés pour faire une pause après environ une heure de route. C’est à ce moment-là que je me suis retournée depuis le siège du passager pour prendre cette photo des enfants à l’arrière, tous attachés dans leurs sièges d’auto.

 

De gauche à droite : Owen, Trent et Hailie, 30 minutes avant la collision.

 

C’est arrivé environ trente minutes après avoir repris la route. Nous avons vu une camionnette Dodge Ram blanche dans la voie à sens inverse faire une embardée et rater de peu une minifourgonnette devant nous, puis quelques minutes plus tard, traverser la ligne et s’en venir directement vers nous. Ma belle-sœur a dit : « Tenez-vous bien, je vais aller dans le fossé. » Elle a fait de son mieux pour nous enlever du chemin, mais c’était trop tard. Nous avons été frappés de plein fouet et l’auto s’est retournée. Plus tard, un agent de police a dit qu’elle s’était probablement retournée de huit à dix fois.

 

Quand j’ai repris connaissance quelques moments plus tard, j’étais coincée et je ne pouvais pas bouger ni regarder autour. J’étais en état de choc, parfois consciente, parfois inconsciente, et  je ne comprenais pas ce qui venait d’arriver. Je savais que Christine n’avait pas survécu quand j’ai vu sa main tomber du volant. Je ne pouvais pas du tout voir ou entendre ma belle-fille. Owen criait de douleur et de peur. Plus tard, quand je me suis mieux rappelé ce qui s’était passé, je me suis rappelé avoir entendu Trent respirer pour la dernière fois. Un homme est venu à la fenêtre pour vois si j’étais blessée, suivi par une femme qui conduisait un autre véhicule. Il lui a dit de ne pas s’approcher, qu’elle ne voudrait pas voir ça.

Photo de la collision qui a détruit la famille d’Eran le 20 mars 2013.

 

Sept heures plus tard, à l’hôpital, j’ai appris que Hailie avait été tuée sur le coup. Elle avait glissé de son siège d’appoint sous la ceinture de sécurité. Trent est mort immédiatement de blessures à la moelle épinière, et Christine est morte, elle aussi, sur le coup. Owen était vivant, mais dans un état grave : commotion cérébrale (grade 4 de l’échelle de gravité), affaissement et perforation des poumons, saignements internes et fractures aux bras. Il a failli ne pas passer la nuit. Nous sommes restés à l’hôpital pendant plus de deux semaines. Cette période me semble encore irréelle : une combinaison de médicaments contre la douleur et l’anxiété, et la plus grande tristesse et le plus gros choc que j’ai jamais vécus. Je ne pouvais pas croire combien dramatiquement nos vies avaient changé en quelques minutes.

 

 

Qu’est ce que vous pouvez me dire au sujet de votre famille avant cette tragédie?  

 

Photos des trois enfants avant la tragédie.

 

Eran : Hailie avait une personnalité très forte; elle était déterminée. Elle aurait accompli de grandes choses si sa vie n’avait pas été écourtée avant son cinquième anniversaire. Trent était mon premier enfant biologique et mon bébé miracle après que j’ai fait plusieurs fausses couches qui m’avaient brisé le cœur.

 

Nous étions une famille heureuse, pas parfaite, mais heureuse, qui cherchait à faire de son mieux pour élever ses enfants. Nous avions quitté le Nouveau-Brunswick pour l’Ontario à la recherche d’une meilleure vie, mais nous avons poursuivi notre route jusqu’en Alberta où il y avait des possibilités. J’ai toujours aimé les enfants et j’avais une garderie. Nous aimions partir avec nos enfants pour de petites aventures et aller en randonnée, et nous aimions faire du bricolage avec eux. Nous étions excités à propos de notre nouvelle vie en Alberta, et puis il y a eu l’accident trois mois après notre arrivée. Nous sommes revenus au Nouveau-Brunswick presque un an après la collision parce que l’Alberta, ce n’était plus la même chose pour nous.

 

 

Comment la tragédie vécue par votre famille a-t-elle changé ce que vous pensez de la prévention des blessures ou de la sécurité des enfants en voiture?

 

Eran : J’ai toujours accordé beaucoup d’attention à la sécurité de mes enfants (et de tous les enfants), mais bien sûr, la sécurité est maintenant ma mission, en particulier la sécurité des enfants en voiture. Avec ce que je sais aujourd’hui, j’aurais attaché autrement mes enfants dans la voiture. Bien qu’ils aient été correctement attachés d’après la loi provinciale et les règlements canadiens, je sais maintenant qu’il y avait de meilleures façons de faire, qui leur auraient offert plus de protection.

 

L’épine dorsale de Trent a été brisée parce qu’il était assis dans un siège orienté vers l’avant. Bien qu’il ait eu le poids requis pour ce siège, les jeunes enfants ont une grosse tête et leur cou n’est pas fort. S’il avait été assis dans un siège orienté vers l’arrière, la force de la collision frontale aurait été distribuée le long du dossier du siège protégeant sa tête, son cou et son épine dorsale.

 

 Hailie avait 4 ans et elle pesait juste un peu plus que le minimum de 40 livres requis pour l’utilisation d’un siège d’appoint. Son siège d’appoint n’avait pas de dossier et la force de l’impact a fait glisser Hailie sous la ceinture de sécurité et sous le siège du conducteur, causant des blessures internes mortelles. Je sais maintenant qu’elle aurait eu une meilleure chance de survie si elle avait été assise dans un siège avec un harnais à cinq points d’ancrage.

 

Bien qu’Owen ait survécu, ses blessures auraient peut-être été moins graves et avec moins de séquelles s’il avait été assis dans un siège d’auto avec un harnais à cinq points d’ancrage.

 

 

Nous savons que vous vous êtes adressée au gouvernement (etc.) au sujet de changements à apporter à certains aspects de la loi sur les sièges d’auto pour enfants. Qu’espérez-vous améliorer?

 

Eran : Je m’adresse aux gouvernements provinciaux et fédéraux et je leur demande d’élever les exigences minimales. De nombreux états ont maintenant des lois qui prescrivent que les enfants doivent être dans des sièges orientés vers l’arrière jusqu’à l’âge de deux ans. Pourquoi ne pouvons-nous pas faire la même chose?    Est-ce que nos enfants sont moins importants que les enfants de la Californie ou de la Pennsylvanie?

 

Je veux aussi qu’on augmente l’âge minimum pour l’utilisation d’un siège d’appoint à au moins cinq ou six ans. Cela aiderait à prévenir le glissement de l’occupant sous la ceinture comme ce qui est arrivé à Hailie.

 

Mes propres enfants étaient jeunes, mais nous savons maintenant que même les enfants plus âgés sont plus en sécurité sur un siège d’appoint tant qu’ils ne peuvent pas porter la ceinture de sécurité adulte au bon endroit. J’aimerais voir la loi changée pour les enfants restent dans leur siège d’appoint jusqu’à ce qu’ils mesurent 145 cm (4 pi 9 po), ou qu’ils aient 12 ans. La plupart des enfants de neuf ans ne sont tout simplement pas assez grands. 

 

Mon but est d’aider à éduquer les parents et la population sur le fait que les normes minimales pour les sièges d’auto et les lois édictées par nos gouvernements ne suffisent pas. J’essaie d’aider à prévenir que des enfants soient blessés et tués. J’essaie d’arriver aux réunions avec un regard et des messages positifs. Quand on est mieux informé, on prend de meilleures décisions.

 

Je suis vraiment reconnaissante de pouvoir changer les choses, même si c’est un tout petit peu, en partageant l’histoire de mes enfants. C’est ma façon de leur rendre hommage. Si cela évite ne serait-ce qu’à un seul enfant et qu’à une seule famille de vivre une pareille tragédie, cela donnera un sens à leur mort.

 

 

Parlez-nous de vous et de votre famille aujourd’hui. Nous voulons savoir comment vous et vos autres enfants vous portez. Qu’espérez-vous dans l’avenir?

 

Eran : Notre famille est bien différente aujourd’hui de ce qu’elle était y a six ans. Nous vivons notre « nouvelle normalité ». Owen a dix ans maintenant, et nous avons Oliver qui a 4 ans et Elizabeth qui vient d’avoir un an. Hailie, Trent et Christine sont toujours présents dans notre vie. Nous célébrons leur anniversaire avec un gâteau et des ballons, et les enfants savent qu’ils ont un frère et une sœur au ciel.

 

Je suis occupée. J’essaie d’aller de l’avant et d’honorer la mémoire de ma famille. Je suis de retour aux études et j’aimerais être avocate à la fin de tout ça pour pouvoir aider les gens qui vivent ce que j’ai vécu.

 

Mon plus grand espoir pour l’avenir? Voir nos trois enfants rire, jouer et grandir. Je veux être grand-mère! Les garder en sécurité pour qu’ils s’épanouissent va être ma priorité pour le restant de mes jours. Aider d’autres familles à garder leurs enfants en sécurité, c’est ma mission maintenant.

 

 

 

De nouveaux souvenirs de famille : de gauche à droite Oliver, Owen, Nick, Elizabeth et Eran.

 

Quel est votre message pour les parents, les familles et les personnes qui s’occupent d’enfants?

 

Eran : Mon principal message pour les parents est d’être réceptifs aux conseils quand il est question de la sécurité de leurs enfants.

 

Je sais que mon histoire n’est pas facile à entendre parce que j’ai vécu le pire cauchemar de tout parent. En tant que parents, nous sommes bombardés d’informations sur l’art d’être parents, les choix et les options que nous avons. On peut finir par se sentir dépassé. Malgré l’accident tragique que nous avons vécu, je fais de réels efforts pour ne pas envelopper mes enfants dans du plastique à bulles. Les enfants ont besoin d’être des enfants, ils ont besoin de jouer, d’être actifs, d’explorer et de découvrir le monde dans lequel nous vivons par l’expérience. Mais je suis plus consciente de ce qui peut arriver et de la façon dont beaucoup de blessures sont réellement évitables. Six ans passés, j’étais parfaitement ignorante de ce qui pouvait arriver.

 

Tout ce que je peux espérer est que mon message soit entendu et que les gens écoutent activement et fassent de petits changements pour que leurs enfants soient en sécurité, un siège d’auto à la fois.

 

 

 

À la mémoire de Trent et de Hailie

 

 

Suivez Eran sur Facebook à l’adresse @justice4HTC (Justice for Hailie Trent And Christine).

Pour plus d’informations sur la sécurité des enfants en voiture à tous les âges et à toutes les étapes de leur développement, allez à www.childsafetylink.ca ou composez le 1-866-288-1388 (interurbain sans frais dans les Maritimes).

 

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